Valéry dénonce nettement « l’erreur moderne et commune de confondre le rêve avec la poésie[1] ». Cette erreur vient selon lui de la « confusion de l’état qui désire, appelle et rêve le vers avec l’état de faire ce vers » (C, X, 286 ; C2, 1016). Le rêve exclut, aux yeux de Valéry, toutes les caractéristiques des actes, alors que le poème est le résultat d’un faire humain. Si le rêve arrive à produire des formations merveilleuses qui frappent l’homme éveillé, elles ne sont que des produits de hasard, qu’on ne peut refaire avec des opérations bien précises : « […] il s’est fait dans les temps modernes, à partir du romantisme, une confusion assez explicable entre la notion de rêve et celle de poésie. Ni le rêve ni la rêverie ne sont nécessairement poétiques ; ils peuvent l’être : mais des figures formées au hasard ne sont que par hasard des figures harmoniques[2] ».
Nous pouvons reconnaître cependant une certaine poétique du rêve qui s’esquisse dans les Cours de poétique. Cette poétique est certes sporadique, fragmentaire, dispersée, et n’est pas bien intégrée dans le projet de la poétique de Valéry, mais, du moins pour mieux comprendre ce que Valéry entend par l’œuvre de l’esprit, elle constitue un élément essentiel de sa poétique. Il faut noter qu’à partir des années 1910, Valéry commence à remarquer une certaine analogie entre le rêve et la poésie : « Sans poésie, sans vague, sans unilatéral, sans rêves, — le cercle des pensées est trop étroit, les actes seraient machinaux, les choses identiques » (C, IV, 593 [1910]). Ce point de vue ne signifie pas tout de suite une approbation sans condition des valeurs du rêve dans la poésie. Le rêve ne donne que les premiers termes, qui doivent être complétés et transformés par des opérations intellectuelles. Valéry admet tout de même que les formations de l’esprit peuvent être douées de certains caractères oniriques : « Toute formation de l’esprit a ses caractères de rêve — c’est-à-dire de production selon les types de la sensibilité isolée, s’éloignant par là de la perception adaptée et corrigée, interrompue à chaque instant, qui caractérise la connaissance du monde extérieur. »(C, XX, 813 [1937])
Dans quels aspects de la poésie Valéry trouve-t-il des affinités avec le rêve ? Quel serait une éventuelle poétique du rêve chez ce poète ? Dans les Cours de poétique, il n’y a que des allusions fragmentaires aux similitudes entre le rêve et la poésie. En relisant les Cours avec les textes publiés à la même période et les cahiers contemporains, nous pouvons suivre quelques fils que Valéry pense partagés entre le rêve et la poésie, notamment les points de vue suivants : les productions de la sensibilité, le moi de l’instant et le rôle du rêve et de l’attention dans le faire humain.
1° Les productions de la sensibilité
Le point essentiel sur le rêve, développé dans les Cours, notamment dans le cours de 1937-38, consiste dans l’assimilation de ce phénomène au produit de la sensibilité. Le rêve est « esthésique, c’est-à-dire de formation par la sensibilité. » (CPI, 227). Valéry observe de plus que le rêve en tant que production de la sensibilité est pourvu d’un mode spécifique de développement : « Le rêve consiste dans un développement de la sensibilité pure, mais ce développement est revêtu, déguisé, masqué par des images représentatives. » (CPI, 308) Quelles sont donc les caractéristiques de la production de la sensibilité, et quelles sont les différences entre le mode de production spécifique au rêve et les formations de la sensibilité en état éveillé ?
Dans les Cours, Valéry considère la sensibilité surtout comme une activité productive, visant à expliquer le déséquilibre provoqué par une demande quelconque. Il examine la sensibilité dans le cadre d’un modèle de son analyse de l’esprit, le modèle demande-réponse. La demande est ce qui entraîne un écart de « l’état indifférent » (C, XIX, 429 ; C1, 1061). La réponse est une action visant à supprimer cet écart produit par la demande : « La réponse [à] une excitation, réflexe ou non, est retour à un certain point » (C, VIII, 595 ; C1, 972). Tous les phénomènes, psychiques ou physiques, sont assujettis, selon Valéry, à la condition de revenir à « l’état de disponibilité » (C, XXVII, 312 ; C1, 860) où l’excitation se trouve neutralisée : « Le retour de l’être à un certain état est la condition psychologique et physiologique fondamentale » (C, VIII, 144 ; C1, 966).
Le rêve, de ce point de vue, est une tentative de revenir à l’état de disponibilité, en émettant des images qui annuleraient le dérangement. Il a ce caractère d’invention continuelle, commun avec la production de la sensibilité. On est obligé, à l’état éveillé et pendant le sommeil, de former incessamment ce qui compenserait l’instabilité entraîné par la demande sur la sensibilité. L’écart entre l’état de veille et le sommeil est très faible, selon Valéry, chez le primitif.
Chez le primitif, par exemple, tout se réduit à des produits de sensibilité ; et, par conséquent, on a pu remarquer que, chez le primitif, la limite entre la veille et le rêve est une limite extrêmement flottante. Le primitif invente tout ce qui est nécessaire à son comportement. Il invente non pas seulement au sens pratique, naturellement, mais c’est un véritable Robinson intellectuel : il invente constamment de quoi s’expliquer le phénomène qu’il voit. (CPI, 227)
Valéry souligne tout de même que, dans le rêve, la demande est cachée, ce qui entraîne une grande différence entre le mode de pensée éveillée et celui du développement onirique. Le rêveur n’a pas le moyen de neutraliser le déséquilibre provoqué par la demande, cachée tout au long des phénomènes oniriques : « Tout rêve est réponse à une excitation dont la connaissance nous est interdite » (C, VI, 433 ; C2, 94]). Impuissant à préciser en quoi consiste exactement la demande, le rêveur est obligé de compenser des perturbations par la production d’images : « Ce que la veille ferme par la perception, le sommeil le ferme par des images » (C, IX, 557). Cette réponse par les images ne pourra pourtant jamais révéler l’existence d’un modificateur caché, générateur de la production onirique. Le rêveur est ainsi impuissant à sortir de la situation produite. Il n’y a que des forces intérieures, selon l’expression de Valéry, qui ne compenseront jamais le déséquilibre provoqué par les forces extérieures.
Un homme ou un chariot est sur la glace, il ne peut pas avancer, il n’a que des forces intérieures, il a beau déployer toute l’énergie possible, il s’épuise en efforts sur place. C’est exactement l’état de l’homme qui est en proie à un cauchemar ou un rêve : tous les efforts qu’il fait sous son rêve sont absolument incapables de s’appliquer au point précis qu’il faudrait qu’il déplaçât pour sortir de son rêve et de son cauchemar (CPI, 228-229)
Valéry trouve étrangement dans cette activité inefficace, du point de vue du retour à l’état de disponibilité, une analogie essentielle avec la poésie. La production d’images dans le rêve révèle parfois des fluctuations de notre sensibilité profonde, difficilement saisissables lorsque le sens pratique fonctionne pour effectuer le retour à l’état équilibré. Valéry rapproche le rêve avec la poésie dans la disposition mentale à concevoir un monde fermé où « toutes choses paraissent et se modifient par les seules variations de notre sensibilité profonde[3] ».
[…] nos souvenirs de rêve nous enseignent, par une expérience commune et fréquente, que notre conscience peut être envahie, emplie, entièrement saturée par la production d’une existence, dont les objets et les être paraissent les mêmes que ceux qui sont dans la veille ; mais leurs significations, leurs relations et leurs modes de variations et de substitution sont tout autre et nous représentent sans doute, comme des symboles ou des allégories, les fluctuations immédiates de notre sensibilité générale, non contrôlée par les sensibilités de nos sens spécialisés. C’est à peu près de même que l’état poétique s’installe, se développe, et enfin se désagrège en nous[4].
Le rêve et la poésie se rencontrent dans cette perception naissante où toutes les choses se trouvent étroitement liées aux variations de la « sensibilité générale ». Rappelons que, pour Valéry, la « sensibilité spécialisée » est de l’ordre de la « connaissance » ; elle a trait avec « ce qu’on peut photographier, enregistrer, mesurer » (C, XIII, 325 ; C1, 1176). En revanche, la « sensibilité générale » est une sensibilité « subjective », qui est « en grands rapports avec les systèmes végétatifs » (C, XIII, 325 ; C1, 1176). C’est une sensibilité « du corps le plus corps » (C, XIII, 598 ; C1, 1177). Valéry caractérise ainsi l’état poétique par le passage du régime de la « sensibilité spéciale » à celui de la « sensibilité générale ». Lorsque le monde, tout en gardant son apparence ordinaire, paraît correspondre aux fluctuations de notre sensibilité, il y a des effets du rêve. Ce qui s’est modifié, ce n’est pas l’apparence des objets et des êtres, perçus par la « sensibilité spéciale », mais le rapport du sujet avec ceux-ci. Ils entretiennent dans cet état une relation « indéfinissable, mais merveilleusement juste » avec « les modes et les lois de notre sensibilité générale[5] ». Du mode de la connaissance objective, qui caractérise la conscience éveillée, on passe à celui de la subjectivité profonde, où les êtres et les choses connues se transforment au gré des variations de la sensibilité générale.
2° Le moi de l’instant
En vue de réfléchir sur une éventuelle poétique du rêve chez Valéry, il faut donc préciser la nature de ce moi, lequel, loin d’être « le refus d’être quoi que ce soit[6] », contribue à la formation d’un monde harmonique, où les choses apparaissent en relation étroite avec la sensibilité générale. Le point essentiel pour Valéry est le caractère instantané du moi dans la sensibilité.
Le moi dans la sensibilité ne peut exister, selon lui, qu’en état instable : « […] chaque moi est, dans l’instant, en relation réciproque avec le non-moi de l’instant, ce non-moi étant ou une sensation, ou une lueur d’idée, ou un simple souvenir. […] Tout ceci ne dure pas. Tout ceci est de l’état naissant. » (CPI, 458). La disposition mentale, qui permet de voir un autre mode d’existence, peut disparaître d’un moment à l’autre. C’est notamment le cas du rêve, parce que le moi qui y assiste n’a pas la même consistance que celui de l’état éveillé : « admettons […] que, dans l’état de rêve, un moi très insuffisant, un moi incomplet, un moi presque — comment dirais-je ? — indivisible, est possible, et que, dans cet état, ils soit exactement, étroitement, réciproque des images et des sentiments qui sont produits, eux, par des excitations cachées […] » (CPI, 441-442). Le moi de l’instant seul peut subsister pendant le sommeil : « dans un rêve, dans le rêve, le moi de l’instant, le moi instantané seul est possible. Il est seul admis à entrer dans le rêve. Sans quoi il n’y aurait plus sommeil. Il n’y a qu’un moi instantané […]. » (CPI, 441)
Quelle est la caractéristique de ce moi instantané ? La malléabilité qui permettrait au moi de se transformer à chaque instant. Le moi de l’instant est changeant et instable, parce qu’il est obligé de se modifier au gré du développement des circonstances. Valéry reconnaît dans cette malléabilité du moi, lequel n’est que « la contrepartie nécessaire pour l’opposition des phénomènes qui se produisent» (CPI, 204), le caractère commun entre le rêve et la poésie.
Ici [=dans le rêve] l’attribut créerait le sujet par le plus court. C’est en quoi on pourrait comparer avec précision les formations du rêve à l’activité intime du poète quand celui-ci est de ceux qui font les idées initiales le céder aux conditions « réelles » — lesquelles imposent au langage significatif — des exigences de forme — c’est-à-dire d’effets auditifs et excitants sans délais pour l’imagination. Le poète doit éviter de laisser le sujet pouvoir résoudre l’expression par le langage, l’abolir définitivement. (C, XXVI, 221).
En poussant plus loin l’analyse du sujet à l’état naissant, Valéry va jusqu’à déclarer qu’il y a des cas où l’œuvre se produit sans auteur, ce qui contredirait son point de vue sur la poésie en tant qu’acte. Il est vrai que Valéry distingue nettement le « faire » de l’homme du « produire » de la sensibilité. « Le “faire” est tout différent du produire. La marque du produire est l’intime liaison de la matière et de la forme — qui est, dans les meilleurs cas, si insuffisante dans le faire » (C, XXVIII, 590). Et pourtant, Valéry trouve dans les productions spontanées, étroitement liées aux variations de la sensibilité profonde, une possibilité singulière de la création anonyme de l’esprit. « Celle-ci [=l’œuvre] est pour nous un élément d’un certain processus fonctionnel. Le véritable auteur n’est pas le signataire, l’homme à biographie — n’est pas une personne déterminée. » (CPI, 518) En un mot, « l’œuvre ou plutôt l’impulsion organisatrice utilise un individu pour se réaliser. » ((CPI, 518)
Dans le Dialogue de l’arbre (1943), contemporain des Cours de poétique, Valéry met en avant la notion d’« œuvre sans auteur ». Après avoir affirmé que « l’auteur n’est qu’un détail à peu près inutile[7] », Lucrèce trouve une illustration de son idée dans l’expérience onirique.
Il n’y a donc point d’auteur [dans le rêve]. Tu le vois bien, Tityre ; une œuvre sans auteur n’est donc point impossible. Nul poète pour toi n’ordonna ces phantasmes, et toi-même jamais n’aurais tiré de toi ni ces délices, ni ces abîmes de tes songes… Point d’auteur… Il est donc des choses qui se forment d’elles-mêmes, sans cause, et se font leur destin… C’est pourquoi je rejette aux besoins enfantins de l’esprit des mortels la logique ingénue qui veut trouver en tout un artiste et son but, bien distincts de l’ouvrage[8].
Le rêve et la poésie peuvent se rencontrer dans cette région de l’esprit où l’on perd son nom. « Plus on observe intérieurement, plus s’exténue l’orgueil personnel. Car il y a, ou il n’y a pas de Moi en Moi… Et quid admire qui ? Ainsi au réveil s’étonne-t-on du rêve. Qui est l’Auteur ? Mais, après tout, est-il bien nécessaire qu’une Œuvre ait un Auteur ? Est-il même bien sûr que cela ait un sens, sinon conventionnel, social et pratique, chose facile et fausse — faite pour la vie extérieure ! » (C, XXVII, 559). Le moi de l’instant, dépourvu d’une personnalité, se livrant à la formation spontanée, joue un rôle essentiel dans la poétique de Valéry.
3° Le type Rêve et le type Attention
N’oublions pas cependant que Valéry récuse le plus souvent la comparaison entre le rêve et la poésie. La production de la sensibilité étant aléatoire et accidentelle, ne fournira jamais les conditions requises pour l’œuvre de l’esprit.
Tout ce qui est de la sensibilité est instable et instantané. Toute fabrication qui exige durée, addition, complexité, et adaptation à un but exprimé ou conformité à une condition extérieure, exige donc une organisation intime qui tend à s’opposer à cette instantanéité ou instabilité. L’action qui produira une œuvre, même quand cette œuvre sera la moins réfléchie, la plus naïve, introduit inévitablement un facteur fonctionnel de plus, dans le système vivant qui effectue l’opération de produire ; et pour peu que cette action se poursuive, on observera des modifications de ce système qui concourront à la conservation du but, à la convergence des manœuvres, à l’addition des efforts. Le travail mental se fera sentir : l’attention volontaire, les débats intérieurs se manifesteront[9].
Valéry affirme tout de même que le travail de l’esprit implique une part venant du phénomène onirique. C’est que le rêve représente pour lui un état d’invention continuelle, état difficilement réalisable par la conscience lucide. « Cette affaire du rêve a l’intérêt d’une composition perpétuelle, de dérivations indépendantes » (C, XIX, 608). Pour arriver à cet état d’invention continuelle, la conscience doit atteindre une certaine température : « Dans aucun art, rien n’est fait, tant que le chantant n’a pas été trouvé, c’est-à-dire la température à laquelle les transformations ou substitutions, les parties diverses sont harmoniques — sonnantes — préparées — préparant — héritant de l’énergie les unes des autres » (C, XIV, 777 ; C2, 1029).
La conscience, pendant le sommeil, trouve aisément cette température, ce qui n’est pas le cas pour la conscience éveillée. « Un “esprit” ne peut engendrer. Il n’a pas ce qu’il faut » (C, XI, 101). L’intellect ne fait qu’opérer, selon Valéry, sur ce qui est déjà produit, en essayant de le retrouver et d’y apporter une précision de plus en plus nette : « L’acte de l’esprit, en tant que se distinguant de son propre état, est de réprimer, repousser certaines de ses productions ou résonances — et de renouveler, conserver, renforcer, favoriser telles autres » (C, XII, 517). Le mode de pensée de l’homme éveillé se fonde sur la capacité de réagir diversement à ce qui se passe, non sur celle de la production incessante où le moi et les choses se transforment réciproquement dans une résonance mentale. Afin de franchir le seuil séparant les activités créatives des autres activités de la veille, l’esprit a donc besoin d’une certaine température, qui permet aux forces formatives de l’esprit de se dégager incessamment.
Valéry schématise la nécessité, dans la création, de la coexistence des deux aspects contradictoires de l’esprit, analytique et synthétique, avec les termes de rêve et d’attention : « Le type Rêve — et le type attention […]. Entre leurs modes se joue “l’esprit” […]. L’art utilise le plus le type R[êve] et tend à le restituer en se servant du type A[ttention] » (C, XX, 418). Les transformations produites par « le type Rêve » entraînent une « expansion brusque de l’être » (C, XV, 440 ; C2, 1030). Cette expansion se perdra dans les variations fragiles et incertaines si les transformations du « type Attention » ne viennent pas leur donner une forme solide. Valéry reconnaît d’ailleurs la possibilité d’un lien obscur entre le rêve et l’attention : « L’œil fixé commence à faire rêver » (C, XII, 162). Valéry fait allusion à la possibilité d’un passage secret entre ces deux phases opposées, sans en donner un développement suffisant : « D’autre part, certaines comparaisons avec ce que nous pouvons savoir ou conjecturer de l’état de rêve seront esquissées, le rêve et l’attention étant l’un et l’autre des périodes de séparation, mais dont l’une est définie par la conservation de l’état même, l’autre, par la conservation de l’objet. Ce sont, en somme, deux possibilités limites opposées, mais il y a de l’attention vers le rêve d’un certain passage[10]. »
Il est indéniable que les deux types opposés, nécessaire tous les deux à l’acte de créer, ont quelque chose de commun. Mais cette nécessité reste à l’état d’esquisse dans le projet de Valéry. Nous pouvons entendre dans quelques notes fragmentaires l’écho d’une poétique du rêve qui consiste dans l’oscillation constante entre la pression de la production spontanée et la précision de la consciente éveillée.
Chez le véritable « grand écrivain », la fonction langage s’exerce en équilibre réversible, entre la production spontanée des « idées » et la possession consciente de l’organisation verbale même, membres et actes de l’action expressive, et sensibilité étendue des ressources en mots, figures, formes, dans une conscience de conservation et de prévision… (C, XXVI, 398).
Ce n’est qu’une esquisse dans les Cahiers, mais qui nous incite à poursuivre un réseau de la poétique du rêve, dispersé dans les Cours de poétique.
[1] Valéry, « Autour de Corot » [1932], ŒII, 1318.
[2] Valéry, « Poésie et pensée abstraite » [1939], ŒI, 1321. Cf. « Propos sur la poésie » [1927], ŒI, 1363.
[3] « Propos sur la poésie », ŒI, 1364.
[4] Valéry, « Poésie et pensée abstraite », ŒI, 1321. Cf. « Propos sur la poésie », ŒI, 1363 et « Poésie pur. Notes pour une conférence » [1928], ŒI, 1459.
[5] « Propos sur la poésie », ŒI, 1363.
[6] « Note et digression » [1919], ŒI, 1225.
[7] Valéry, Dialogue de l’arbre, ŒII, 185.
[8] Valéry, Dialogue de l’arbre, ŒII, 187.
[9] BnF mns, NAF 19087, f° 12 ; CPI, 85.
[10] BnF mns, NAF 19087, f° 22 ; CPI, 533.
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